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Ces dernières années, j’ai souvent remarqué une étrange contradiction au cœur même de mon métier de CIO : plus les technologies que nous mettons en place deviennent sophistiquées, plus l’humain devient fondamental. La puissance du digital, paradoxalement, amplifie la nécessité d’un leadership profondément humain. 

Je m’explique. Aujourd’hui, les systèmes informatiques, l’intelligence artificielle, les plateformes automatisées prennent une ampleur phénoménale. Et, croyez moi, je suis le premier à m’en réjouir. Ces outils sont essentiels à notre croissance, notre agilité, et notre efficacité opérationnelle. Mais ils ne suffisent jamais, seuls, à fédérer des équipes, à susciter la confiance ou à inspirer l’innovation durable. 

Pourquoi ? Parce qu’au bout du compte, derrière chaque algorithme, chaque outil, chaque tableau de bord, il y a des femmes et des hommes. Des êtres humains avec leurs aspirations, leurs doutes, leurs ambitions. Et si les machines peuvent faciliter leur travail, elles ne remplacent pas ce qui compte le plus : le sens et la connexion. L’empathie, notamment, est une compétence absolument clé pour les leaders d’aujourd’hui. C’est elle qui permet de comprendre véritablement les équipes, de percevoir les signaux faibles, les tensions, les opportunités cachées. L’empathie rend possible une véritable communication, bien plus profonde que les flux de données qui traversent nos écrans chaque jour. 

Quant à la sagesse, l’expérience, elle complète parfaitement l’empathie. Face à l’accélération du changement, aux sollicitations permanentes, à l’immédiateté technologique, le recul et la réflexion sont devenus vitaux. La sagesse, ce n’est pas ralentir inutilement, c’est décider mieux, avec lucidité, responsabilité et une véritable vision long terme. En réalité, le vrai paradoxe de notre époque est peut-être celui-ci : plus le monde se digitalise, plus la véritable innovation vient des qualités humaines que l’on ne peut automatiser. Le leader de demain sera forcément quelqu’un qui maîtrise la technologie, certes, mais surtout quelqu’un qui sait la mettre au service de l’humain. 

Vous l’aurez compris, je ne suis pas (pas encore ? 😉) de ceux qui pense que la machine, que l’intelligence artificielle va remplacer l’être humain. Par contre je crois que l’IA est un amplificateur : elle rend meilleur ce qui sont déjà performant, elle fait ressortir davantage encore les points faibles des autres. J’irai même plus loin, ces technologies vont remettre l’humain au cœur de nos activités. Une illustration simple de mes propos ? Comment identifier un bon profile lorsque des IA analysent des CV eux-mêmes générés par IA ? En rencontrant la personne tout simple, en revenant à l’essentiel, l’humain.  

Il ne faut donc pas opposer Homme & Technologie, il faut remettre chaque chose à sa place : la Technologie au service de l’Homme et non l’inverse. C’est à cette condition, que nous pourrons continuer à progresser, à avancer. Comme je l’avais lu un jour dans un article intéressant, une IA aurait déconseillé de faire la révolution, une IA aurait déconseillé d’attaquer à Valmy ou Austerlitz. Seul l’Homme peut poser de tels choix qui défient les statistiques.  

Dans mon quotidien chez Danone, je le constate chaque jour : Nos plus beaux succès viennent de projets où technologie et humanité se combinent harmonieusement. C’est là notre force et notre futur : ni l’un ou l’autre, mais l’un avec l’autre.