Aujourd’hui, je vous écris depuis mon petit coin de paradis, ici, au bord de mon étang en Normandie. L’endroit idéal pour réfléchir, respirer et prendre du recul en cette période si particulière qui suit cette magnifique fête de Noël et prépare la nouvelle année. Et justement, c’est dans ces moments de calme que je me rends compte à quel point être papa influence profondément ma manière d’être leader. Bien évidemment, éduquer ses enfants, ce n’est pas les « manager ». C’est s’engager pour la vie entière dans une relation inconditionnel, où l’on cherche avant tout leur bien profond, humain et spirituel, bien au-delà de toute idée de performance ou de contrat. Il y a cependant quelques similarités.
Je ne vous cache pas que la parentalité est parfois un véritable défi, plus encore que la gestion d’équipes. Elle requiert une combinaison subtile de patience, d’autorité bienveillante et de compréhension des personnalités individuelles. Quand je regarde mes enfants grandir, je comprends mieux l’importance d’un management qui s’adapte à chacun, qui respecte les différences et valorise le potentiel unique de chaque individu. Prenez les crises intergénérationnelles, par exemple. Elles existent autant en famille qu’au sein d’une équipe en entreprise. Mes filles m’apprennent quotidiennement que mon référentiel n’est pas forcément celui de leur génération, tout comme mes jeunes collaborateurs m’obligent à revoir mes convictions sur le monde du travail. La réciproque est vraie mais ils n’en ont pas encore conscience. Plutôt que de résister à ces évolutions, j’ai appris à écouter, à dialoguer, à questionner mes propres certitudes.
Être père, c’est également accepter que l’autorité ne découle pas simplement d’un titre ou d’une hiérarchie. Mes enfants m’ont appris que l’autorité véritable vient du respect mutuel, de l’écoute active et d’une cohérence dans mes actes autant que dans mes paroles. Les équipes en entreprise attendent exactement la même chose d’un leader : de l’authenticité, de l’intégrité et une présence sincère. Et puis, être parent renforce considérablement ma curiosité intellectuelle. Je me rends compte chaque jour que la quête de connaissances ne s’arrête jamais. Chaque étape de leur croissance m’ouvre à de nouvelles questions et problématiques, autant d’opportunités pour élargir mes horizons. Cette capacité à rester ouvert, curieux, prêt à apprendre, est précisément ce qui fait la différence entre un leader qui stagne et un leader qui grandit avec son équipe.
La patience est sans doute l’une des leçons les plus importantes que mes enfants m’ont enseignée. Nous sommes souvent pressés, dans notre quotidien professionnel, d’obtenir des résultats immédiats. Mais les vraies réussites prennent du temps, comme apprendre à faire du vélo ou à gérer un conflit avec maturité. La patience et la persévérance sont des vertus que la paternité inscrit profondément en moi, et qui s’avèrent chaque jour précieuses dans mon métier de CIO. Alors, oui, être papa a transformé ma manière d’exercer mon leadership. Au bord de cet étang, en observant les reflets de l’eau et le mouvement tranquille des arbres, je mesure pleinement à quel point mon expérience familiale nourrit profondément ma pratique professionnelle.
Diriger, finalement, c’est avant tout comprendre, écoute, faire confiance, et accompagner la croissance des autres. Un principe universel, valable à la maison comme au bureau.